C’est en calbar après une grosse douche froide, bien installé sur mon canapé devant Wimbledon que je vais te raconter la release-showcase-sortiedel’EPvinyle de ceux qu’on peut célébrer désormais comme les vainqueurs du prix SACEM « Grand Zebrock ». Ca fait quelques mois qu’on a misé sur eux et après quelques péripéties artistico-juryesque, leur « dark electro » s’est posée à la Maroq’ avant d’atterrir à la Galerie Arts Factory pour la sortie de leur savoureux vinyle. Eux, c’est Einleit. Eux, c’est Jun, Gabriel et Charlie.

Einleit 1

Blanc cubi et Arts Galerie

Il est 19h et quelques minutes passées lorsque je pointe mon cul de fraîchement chômeur au 27 de la rue de Charonne accompagné de quelques acolytes curieux de découvrir les trois types qui goinfrent ma playlist Iphone de nouvelles pistes perchées. Devant la galerie, une troupe de hipsters enshortés fument des clopes en buvant quelques centilitres de vin blanc bien frais. A l’intérieur, Gush a terminé son set et a laissé place à un sympathique duo contrebasse-voix appelé Teketi Boum. C’est un jeune label, poétiquement nommé « Sacré cœur music » qui organise le bordel et, à l’oreille, on peut dire qu’ils ont du goût. Bref, il y a du monde, la sueur perle dans les décolletés des nanas et dans le bas du dos des mecs mais les gens squattent le bitume par intermittence et rentrent écouter quelques notes dans cette jolie galerie qui sent maintenant un peu les pieds et le fromage pas frais. Victime de son succès…

Je croise Jun, chanteur-leader-vocaliste lyrique à ses heures perdues à l’entrée de la galerie. Un Heineken en main, il a l’air plus en forme qu’à son retour du Japon lors de leur concert de sélection à la FGO Barbara. Il me narre les suites de leur aventure Grand Zebrock et la victoire finale à la Maroq’; il me parle des prochaines dates et des projets en cours. Un peu plus loin Gabriel et Charlie papillonnent entre les convives en attendant leur heure. Je trinque avec Jun en lui souhaitant un bon concert et le sauce pour qu’on se retrouve tous ensemble après pour une ITW à la sauce Chaaab’. Il fait chaud, j’ai soif et une envie pressante de me dégourdir les tympans. Ca tombe bien le duo a terminé et c’est maintenant KIZ qui distille une pop/rock saucey qui humidifie les sous-vêtements en dentelles.

Sacré cœur avec les doigts pour Einleit

Un peu plus loin, près du buffet, bien accoudée à un cubi, je retrouve Alice, l’organisatrice parfaite et manager du groupe Einleit qu’on avait croisée à la FGO. Elle sirote un verre en échangeant à droite, à gauche. La vraie reine de la soirée, c’est sa robe fleurie, faut bien se le dire ! On prépare l’interview vidéo qui se déroulera après le concert et on discute avenir et nouvelle(s) signature(s). Soudain, au détour d’une lithographie exposée à l’étage de la galerie, Lionel et Louise apparaissent. Voilà, le jury et la team du Grand Zebrock ne perdent pas une occaz’ d’écouter les pérégrinations vocales d’Einleit, leur poulain, favori et récompensé. Tout ce petit groupe se retrouve depuis quelques mois autour du projet porteur des 3 dark knights et on peut dire qu’ils ont eu l’oreille creuse. Mais arrêtons un peu les fellations et parlons contenu…vinyle

21h30, Einleit monte sur scène. Jun chauffe le micro à coups de vocalises sauce aigre douce alors que Charlie affûte son synthé et Gabriel claque ses baguettes. Perso, j’ai un peu peur de ce que va donner le rendu étant donné que l’acoustique de l’endroit ne se prête guère à un concert et encore moins à la voix de Jun. Qu’importe, l’important c’est de participer. Boum, 1er morceau, 1ère surprise : une très douce cover medley de « Limit to your love » de James Blake et de « Hold on » de Drake. #carton. #Igotmyeyesonyou. Sweeeeeety things. Visuellement, ça donne un Jun à la guitare – toujours remontée jusqu’aux tétons –, un Charlie qui s’excite au synthé et qui sue comme un taureau et un Gabriel concentré qui tambourine sur sa batterie électronique. Puis, ils enchaînent sur « Air » et « Soak me Up ». Jun a le regard du Club des 27, tu sais les perchés qui n’ont jamais atteint la 28ème année de leur existence… On lui souhaite la même réussite artistique, le suicide en moins !

Jun

Perso, je commence à suer à grosses gouttes au premier rang, bien installé contre un poteau et je me dis qu’une pause clope-air frais – tu noteras l’ironie de l’association – ne me ferait pas de mal. Je chope une blonde bien fraîche à côté, sirote ma clope en fumant ma pinte sur l’air de « Démonts dansants ». Tout juste le temps d’écraser mon mégôt qu’une cover de « Spanish sahara » (des excellents Foals bien sûr) me renvoie à ma perplexité. Il faut dire que ce groupe exerce une étrange influence sur mon état d’esprit : les notes qui sortent du trio sont une ode à l’inspiration, un ascenseur émotionnel qui renvoie à l’intérieur de ses tripes et qui, d’une manière aussi ingénue que savoureuse, rappelle les questions existentielles que seuls les gros cons ne se posent jamais. Ouais, parfois, écouter du son, ça peut faire réfléchir.

Ô Rebecka, blonde voix. Ô burger de ¾ d’heure.

Le concert prend alors une tournure intéressante. Une jeune fille blonde aux rousseurs pointillées fait son apparition sur scène pour un petit interlude, alors que Gabriel et Charlie font le chemin inverse. C’est avec étonnement que j’écoute de loin une reprise guitare/voix de Beyoncé et que je découvre un nouveau talent. La mélodie est calme, Jun est apaisé et Rebecka éblouit la galerie de sa présence. Une petite pause romantique au milieu d’un ciel noir étoilé. Et puis encore « Rise » featuring toujours la même Rebecka que je suivrai de dehors avant une mise en scène lumière pour la dernière « Of knights and lights ». Evidemment. Le tout prend fin sous un tonnerre d’applaus groupiesques car oui, il faut se le dire, même encore jeune, le groupe fait déjà le plein d’adulescentes en fusion. Et cette fois, ce n’est pas la chaleur qui mouille les… bref.

Tete

Concert terminé, nouvelle pinte commandée et direction la terrasse d’à côté pour un petit cheeseburger: juste pour la santé. Il n’est pas loin de 23h et la température n’a toujours pas baissé. Mon estomac commence à s’impatienter. On se cale à table avec Lionel, Louise, Alice, Jun en petit comité et tout ça sent bon l’été. Ca discute et ça rigole mais ce que j’ai remarqué, c’est qu’une des serveuses est adorablement dotée. Tatouage entre les omoplates osé, regard azur et sourire réservé, cheveux blonds dansants et teint halé. Je pourrais terminer cette chronique juste avec des rimes en « é » mais, au diable la facilité, vive la musique et l’électro perchée. Of knights & lights they said’.

PS : mon numéro pour la jolie serveuse est le 06.59.25.42.78.

Le Martien

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