Que tu sois un putain de hipster, ça, personne ne te le reproche hormis une communauté réduite de haterz sheitan qui viennent de découvrir Charlie Hebdo. Que tu kiffes l’électro, ça, personne ne te le reproche hormis Les Enfoirés pour qui, de toutes manières, tu fumes trop de pétards. Que tu aimes faire la teuf jusqu’à 7’ du tam’, seul(e) ton hypothétique petit(e) ami(e) que tu trompes outrageusement, te le reprochera. Oui, mais pour concilier autant de facteurs de bonheur, tu passes ton temps en boîte de nuit. Tu es réputé sur la planète entière pour être un connard de parisien imbu de sa (très petite) personne et tu passes ta vie sur Facebook à scruter les prochaines prog’ des trop selects clubs parisiens. Alors pour toi, Chaaabert décrypte un éventail non exhaustif des boîtes où aller absorber ta D et shaker ton body.

 

Les mieux montées

Electric Nathan FakeNathan Fake. On y était avec Chaaab’… 

  • L’Electric : ouais, porte de Versailles ça casse bien les couilles ! Designée dans ce qui ressemble de près au hall d’embarquement de Roissy-CDG, L’Electric, récent endroit de déprave de quelques milliers de mètres carrés, se vante d’avoir l’un des systèmes son les plus pointus de la capitale et une terrasse avec vue « sur la Tour Eiffel ». Pour ce qui est de la tour la plus célèbre du monde – comment va Pise ? -, tu repasseras ; le périph’ et des dégueulis de hangars à bananes seront la seule vue que tes rétines éclatées t’offriront. En revanche, pour ce qui est du système son, les mecs ne se sont pas foutus de ta gueule. En plus, la prog’ est fabuleusement adaptée à l’outil avec des disc jokeys de qualité up’up’up’. Ces derniers mois, l’endroit a notamment accueilli des types qui savent y faire : Nathan Fake, Para One, The Mekanism, la team Boys Noise, Carl Craig, Moritz von Oswald, Alex Metric (<3), Aeroplane ou encore Get A Room et Canblaster pour ne citer qu’eux. Bref, tu sais que si t’as un compte Uber illimité ou que t’habites pas loin de ce quartier de merde, tu pourras t’éclater gentiment les tympans sur de la gourmesia auditive.

Les + :

  • Pas trop de queue
  • La prog’
  • La taille
  • La terrasse
  • Les videurs blagueurs

Les – :

  • Un semi marathon pour arriver jusqu’à la piste
  • Un quartier pété
  • Le Zig Zag : bien évidemment, à deux pas de la plus belle et plus chère avenue du monde – la plus mal fréquentée également -, fallait s’attendre à de l’investissement sonore. C’est donc le Zig Zag qui a pris cette place parmi les grands des Champs ; le Queen trop fag’, le VIP réservé aux scandales de footeux, les Planches interdites aux +18 ans et chez Régine attendant la prochaine canicule, c’est donc dans une sorte de théâtre géant que tu dois aller secouer tes côtelettes sur une programmation aussi internationale que coûteuse. Si t’as envie de claquer un SMIC pour écouter Bakermat, Klangkarusell ou encore Fritz Kalkbrenner – so has been, non ? – en buvant des teilles à 180 boules, c’est « l’endroit où être ». Faut dire qu’entre le décor, la localisation géographique, le système son et la quantité de jeunes filles coquines, tu risques de passer une bonne soirée ! Et tant pis si la seconde moitié de ton pauvre chômdu tombera dans les poches l’Oto-Rhino-laryngologiste (plus communément appelé ORL) le plus proche de chez toi…

Les + :

  • 10% drague, 100% chope
  • le son
  • la prog’ si t’es du genre nostalgique

Les – :

  • l’enveloppe RSA consacrée à ton pack « entrée, teille, cocaïne »
  • la queue de « bâtard mais bon j’la fait »

Les extraverties

  • Le Wanderlust : Aaaah, le Wanderlust, sa terrasse, ses palmiers, ses pichets de Mojito 3% d’alcool, son fleuve majestueux, sa prog’ rafraîchissante, son accueil chaleureux… Cuba vient d’ouvrir ses portes, le Wanderlust est son extension parisienne. Non, sans déconner : une troupe d’écervelés ne t’ouvrira les portes de l’endroit qu’une fois sur deux – et tu as de la chance si tu ne prends pas une droite au passage -, les boissons sont servies au compte goutte – reste à savoir de combien de gouttes elles sont composées… -, la prog’ est vieillissante et assez répétitive bien que sympathique en soi et la terrasse est ouverte quand ils ont le temps. Enfin bref, il te reste toujours la Seine, dans laquelle tu peux te jeter si t’es trop blasé par le nombre de pseudo-junkhipsters qui y traînent. Et puis, sincèrement, se faire chier à Austerlitz pour faire la queue jusqu’à la BNF, est-ce que ça vaut vraiment le coup ?

Les + :

  • le spot est sympa en été
  • trans-disciplinarité des arts
  • la prog’ est parfois synonyme de bonne pioche

Les – :

  • CRS = SS / Physio sans cerveau
  • Queue de Rocco
  • Boissons non alcoolisées

Nuba

  • Le (La) Nuba : Le voilà le spot « out(side) » devenu « in » à Paris ! LE Nuba – parce que pour moi et mes 15 ans, la seule vraie Nuba, c’était aux Planches ! – est le lieu sympathique de l’Est parisien. Une terrasse agréable, une prog’ mixte entre concert live et DJ set en cabane, un restaurant raffiné pour les portefeuilles les plus aguerris, une ambiance de pique-nique où tu peux aussi niquer, le Nuba, petit frère Le Quesnoy du Wanderlust a depuis longtemps supplanté son frangin Groseille. Bon, faut dire que c’est la même merde niveau métrologie de queue : tu peux facilement te retrouver à poireauter 12 ans en petit groupe avant même de voir la tronche d’un physio mais, l’endroit est petit et, une fois que tu auras accédé à l’étage, tu passeras forcément un bon moment. L’été, c’est chouette de s’y faire un petit afterwork posé sous les derniers rayons du soleil et de zieuter des types comme Employee Of The Year ou Montmartre gratter quelques cordes devant ta bonne vieille bouteille de rosito. Et puis, après, tu discuteras de « pub, com’, management, zik’ et expo » avec tes voisins smart et branchés. Comme toi aussi tu bosses chez Fred & Farid, tu te sentiras comme une carpe octogénaire dans un tranquille étang de campagne.

Les + :

  • le spot s’il fait beau
  • la délicieuse programmation musicale
  • le gratin des ladies et gentlemen

Les – :

  • la queue si tu gagnes pas tes places sur Chaaabert

concrète

La Concrète : Oui, on ne pouvait pas l’oublier. La Concrète, c’est LA boîte électechno de Paname. Celle qui te donne à bouffer du son pendant presque 48h de suite. En rentrant dans le bordel, tu ne sauras plus vraiment si t’es en before ou en after et tu t’en foutras complètement ! C’est un peu comme pour tes tympans, t’écouteras du gras, du très gras et d’ailleurs, tu graisseras avidement ton foie aux drogues que tu as choisi pour ta sauterie. La Concrète est passé du truc underground au truc hype en moins d’un an et tu croiseras sans doute au détour d’un bar un collègue bien sous tout rapport. A ce moment là, tu le découvriras sous un nouveau jour. Oui, lui aussi aime beaucoup l’ecstasy le dimanche matin ! Une programmation très orientée techno-boum-boum-tchak mais une terrasse somme toute agréable et des gens très drôles tout autour de toi. Oui, tu nages dans un aquarium de gentils drogués mais tu t’en branles : on n’apprend pas au vieux singe à faire la grimace !

Les + :

  • drogue à chaque étage avec possibilité sur place
  • endroit sympa avec barquette de frites

Les – :

  • BOUM, BOUM, BOUM, BOUM
  • De temps en temps, un drogué, c’est con comme ses pieds !

Les Old Schools

social

  • Le Social Club : l’ancien Tryptique a fait peau neuve depuis un bon moment. Et le Social Club, après des années d’orientation électro, semble retomber dans une veine Hip Hop à la mode du moment : le Trap quoi… Quoi qu’il en soit, le Social  est toujours l’un des spots clés pour faire la teuf à Paname. Surtout l’hiver parce que quand tu te cailles les couilles dehors et que t’as envie de transpirer, rien de mieux que de te niquer les poumons dans les 20cm2 du fumoir. Le 142 de la rue Montmartre accueille des artistes divers et variés et une formation scénique adaptée à sa prog’. Du Petit Social « intimiste » de la semaine au papa Social le week-end, t’auras toujours moyen de gratter un frottement de fesses sur la piste au son d’un artiste que tu ne connais pas forcément… De la découverte musicale, une population aussi hétéroclite qu’un gang bang Erasmus, des verres encore pas trop chers (10 balles quand même…) et un lieu pour les initiés. Quoi de mieux pour réchauffer tes longues soirées d’hiver lorsque le blues du businessman t’envahit et que tes 13,5 cm ont envie de frétiller ?

Les + :

  • Ambiance à l’ancienne posey/caley
  • Prog’ variée
  • Ta soirée ne te coûtera pas un rein

Les – :

  • Fumoir fortement cancérigène
  • Videurs mi-figue, mi-raisin

Chéper, on te dit! 

  • Le Nouveau Cas’ : en voilà encore un lieu assez Old School pour plaire aux rappeurs des nineties ! Le Nouveau Cas’ c’est un peu le spot qui résiste au temps et aux modes. Situé rue Oberkampf – putain de touristes étudiants -, il vieillit plutôt bien et s’adapte gentiment aux différents courants artistiques. On y trouve aussi bien du RüFüs australien, que du Kid Francescoli marseillais ou encore une bonne dose d’Assassin à l’ancienne. C’est dire si la prog’ est, elle aussi, dédiée aux initiés. La boîte bosse beaucoup avec des labels émergents et sélectionne ses artistes au coup de cœur. Toi, tu sélectionneras ta soirée avant d’y aller de peur de te retrouver dans une ambiance collé-serré rumba ou retro-funky. Quoi que les formes ne te font pas peur… Le Nouveau Cas’, c’est un lieu de découverte musicale qui te permet de voir l’électro déclinée sous toutes ses coutures. T’as plus qu’à sélectionner tes soirées, aller poser un cul sur les tables à l’étage, te griller un petit pétard dans l’aqua-fumoir – encore un ! – et laisser tes oreilles décider du reste de ta soirée. Bonne chance ma caille !

Les + :

  • Salle bien foutue
  • Prog’ décalée et secouée
  • Plein centre de Paname

Les – :

  • Fais gaffe à ce que tu veux écouter #lotoprog’
  • Traîne pas dans le quartier

Voilà un petit tour de piste des boîtes que j’ai sélectionnée pour toi. En fonction de tes goûts, de ton âge, de ta capacité auditive ou des drogues que tu aimes ingérer, tu peux déjà aller faire un tour dans celles-là. Bien sûr, il y en a encore beaucoup d’autres à Paris, ville Lumière soi disant has been dans la vie de la nuit… Enfin, tu feras bien ce que tu voudras et si tout ça ne te plait pas, t’as toujours un billet Lufthansa (frisson garanti) pour Berlin à 100 balles A-R pour t’éclater sur de la minimale et sous du LSD. Alors, comme dirait l’autre : « elle est pas belle la vie ? »

NDLR: A visiter aussi: Le Badaboum (de + en + gayfriendly), la Bellevilloise (chéper garantie), le Showcase (1h pour 10cl de pipi), Rex Club (en sortant du ciné), Batofar (on the Seine), Divan du monde (psychothérapie), Le Yoyo (new place to be) et tralala… 

Le Martien

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